Les troubles des conduites alimentaires – TCA – anorexie, boulimie, hyperphagie – touchent aujourd’hui un grand nombre de personnes. Derrière la privation ou l’excès alimentaire, se cachent souvent une souffrance, parfois difficilement nommable. En effet, les TCA ne sont pas de simples comportements alimentaires inadaptés. Ils révèlent un mal-être profond, souvent enraciné dans le lien à soi, au corps et à l’autre. Lorsque les mots manquent ou ne suffisent pas, ce mal-être s’exprime, malgré nous, par le corps. Il faut alors se décentrer de la nourriture, pour y entendre le rapport subjectif au manque, au désir et à la gestion d’une angoisse, probablement encore inconnue.
Comprendre les TCA : au-delà des apparences
Chaque trouble du comportement alimentaire donne à voir une tentative de réguler un conflit intérieur. Quelqu’un qui mange ou non, ingère ou rejette, contrôle à outrance, dit bien plus que le geste lui-même. La nourriture peut ainsi devenir un substitut affectif par exemple. Les sujets se nourrissent ainsi d’attention, d’amour en mangeant excessivement et subitement, comme dans l’hyperphagie. À l’inverse, un envahissement émotionnel peut être géré par une privation alimentaire comme dans l’anorexie. De plus, les TCA peuvent également impliquer des comportements tels que le fait de contrôler strictement son alimentation. Les sujets comptent leurs calories ou planifient minutieusement chaque repas. Ces rituels semblent apaisants mais deviennent rapidement une prison mentale.
Accueillir le symptôme comme point de départ d’un travail
Ainsi, une psychothérapie permet en premier lieu de ne plus considérer le symptôme comme une erreur à corriger ou à éliminer, mais plutôt comme un compromis – coûteux – pour faire avec le conflit intérieur. Sera alors possible d’entendre quelque chose de la souffrance du patient et de lui laisser une place. C’est dans cet espace d’écoute, sans jugement, que les patients peuvent tenter de dire quelque chose d’eux, de leurs histoires et de leurs anciennes douleurs. Plutôt que de vivre la douleur, les patients ont l’opportunité de la dire et de découvrir ce qui se jouait dans leur relation à la nourriture. Nous observons alors, progressivement, une élaboration consciente du conflit psychique. Le symptôme perd sa fonction de « porte-voix » et s’atténue peu à peu. S’amorce alors une reconstruction du lien à soi et aux autres.
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